T-28 modèle 1934

T 28

Le char moyen T 28, conçu d’après des projets soviétiques, entra en 1933 en production à Leningrad. Il fut fortement influencé par les tendances à l’époque par les modèles expérimentaux allemands et britanniques et il intégra à sa conception le concept alors à la mode  de la multiplicité des tourelles.

La théorie prévoyait que les chars devaient être équipés d'un armement puissant et multiple, capable d'être pointé sur différents objectifs simultanément, pour pouvoir opérer de façon isolée au milieu des lignes de défense adverses.

Dans la pratique, cette conception de l'emploi des chars montra vite ses limites ; pour servir cet armement multiple, l'équipage était nombreux et isolé dans plusieurs compartiments de combat, ce qui, ajouté à l'absence de systèmes de communication internes à l'époque, rendait la coordination de leurs actions difficile. Un autre défaut était d'obliger le char à avoir un vaste volume intérieur, et par là même, de grandes dimensions externes, lui donnant une silhouette trop haute et trop longue. Un accroissement de la protection, devenait alors coûteux en termes de masse du véhicule, les surfaces à protéger étant importantes, et on atteignit vite les limites du châssis au niveau de la suspension et de la motorisation .

Le T 28  avait trois, la tourelle où se trouvait le canon était flanquée de deux autres plus petites armés de mitrailleuses ; entre ces deux tourelles auxiliaires se tenait le conducteur. Le prototype du T 28 était doté d’un canon de 45 mm qui fut remplacé sur le T 28 et le T 28A par un tube court de 76,2 mm, les modèles de T 28B produit après 1938 étant équipés d’un canon plus récent et plus long, d’un meilleur rendement.

L’armement secondaire comprenait trois mitrailleuses de 7,62 mm. Dans l’ensemble, le T 28 était un char rustique, mais les concepteurs de chars soviétiques en étaient encore à apprendre leur métier ; toutefois l’expérience acquise grâce au T 28 se révéla plus tard d’une grande importance.

La construction du premier modèle, le T 28 M 1934, fut achevée e, 1938, date où apparut le  t 28b pourvu d’un moteur quelque peu modifié. Cette version-là, le T 28 M 1938 , fabriquée jusqu’en 1940, sera ensuite remplacée par des modèles plus récents. Le blindage de ces différents véhicules variait  de 20 à 80 mm.

Il y eu plusieurs versions expérimentales du T28, notamment des canons automoteurs, des blindés du génie et un poseur de ponts. Aucune d’entre elle ne dépassa le stade du prototype, mais les  expérimentations dont elles avaient fait l’objet constituèrent un barrage technique important lorsqu’on se mit à envisager la production de chars plus modernes. En fait le T 28 fut plus précieux par les enseignements qu’il apportait que par sa valeur au combat. Il ne resta en service que de 1939 à 1941. En 1939, il fut utilisé contre les Finlandais pendant  la « guerre d’hiver ». Dans ce court conflit, le T 28 se fit une mauvaise réputation : ses équipages s’aperçurent à leurs dépens que son blindage était trop mince pour assurer leur sécurité ; les véhicules qui survécurent furent en toute hâte dotés de protection supplémentaire pouvant atteindre 80 mm. Le T-28 ainsi modifié fut appelé T 28E (ekanirovski, « surblindé »), mais ce programme élaboré en catastrophe se révéla d’une efficacité douteuse lorsque les Allemands envahirent l’Union soviétique en 1941. Le T 28 était aussi connu sous l’appellation T 28M ou T 28M 1940.

En 1941, les T 28 survivants montèrent leurs limites au cours des combats. Leurs flancs recouvert de blindages supplémentaires et leur lenteur en faisait des proies faciles pour les armes antichars allemandes. Ils se révélèrent  également vulnérables aux mines et durant l’hiver 1939/1940, certains engins  furent modifiés pour porter à l’avant des rouleaux de déminage.

 

T 28 Modèle 1934

L’obus explosif du canon de 45 mm manquant de punch, les Soviétiques greffent un obusier court de 76, 2 mm modèle KT-28 de 16,5 calibres dans la tourelle principale du T 28. Le char est toujours considéré comme un engin de rupture et des performances antichars élevées ne sont pas considérées comme indispensables.  Le blindage de la caisse est porté à 35 mm d’épaisseur. Pour compenser la prise de poids, la suspension est renforcée. Un nouveau moteur M-17L douze cylindres essence de 450 cv est greffé dans les entrailles du T 28. Ce bloc est dérivé du Liberty, qui motorise habituellement des avions. Certains engins auraient vu le remplacement d’une mitrailleuse sous tourelle par un canon de 45 mm à haute vitesse initiale (717 m/s), pour compenser le faible pouvoir perforant de l’obus de 76,2 mm (vitesse initiale 363 m/s). L’équipage se compose de six hommes. A  cette époque, le T 28 Modèle 1934, aussi désigné T 28 A par les Allemands, est considéré comme un excellent engin de combat combinant favorablement mobilité, puissance de feu, protection et performances.

En 1941, lorsque l'Allemagne attaque, de nombreux T 28 sont encore en service, dispersés dans les nouvelles divisions blindées formées à partir de mars 1941. Ce sont loin d'être de mauvais chars, encore mieux armés et protégés que la majorité des panzers. Néanmoins leurs problèmes récurrents de fiabilité et l'âge de la majorité d'entre eux ne permet qu'un faible taux de disponibilité ; combiné à un mauvais entretien et au manque d'organisation des forces soviétiques, cela les empêche de jouer un rôle majeur. Il arrive cependant parfois que ce blindé pose encore des problèmes aux Allemands, du fait de sa puissance : ainsi lors de la contre-attaque du 16e corps mécanisé sur Jitomir. le 15 juillet 1941, un peloton de T 28 du 29e régiment blindé, commandé par le lieutenant Vasiliy Sumtzov, parvient à infliger de lourdes pertes à la Wehrmacht, détruisant pas moins de trois chars, sept camions, deux canons antichars et mettant hors de combat plus de cent hommes. Néanmoins les pertes sont encore plus lourdes et le T 28 disparaît rapidement de l'inventaire de l'armée rouge, qui possède des blindés plus modernes, capables surtout d'un meilleur potentiel d'évolution. Seuls les Finlandais, qui en ont capturé deux pendant la guerre d'hiver, puis cinq en1941, continueront à utiliser ce char jusqu'à la fin de la guerre, au sein de l'une de leurs brigades blindées. Un exemplaire sera transformé en véhicule de dépannage en 1944, par le retrait de ses tourelles, et servira lui jusqu'en1951.

 

Catégorie : char moyen

Constructeur : Zavod Bolshevik (ou Kirov)à Leningrad

Exemplaires construits : 318 (estimation)

Equipage : 6

 

Morphologie

Poids : 28,0 tonnes

Longueur : 7,40 m

Largeur : 2,90 m

Hauteur : 2,80 m

 

Protection

Blindage châssis

Frontal : 30 mm

Latéral : 20 mm

Blindage tourelle

Frontal : 20 mm

Latéral : 20 mm

Blindage masque du canon : 20 mm

 

Mobilité

Vitesse maximale

Sur route : 37 km/h

Tout terrain : 15 km/h

 

Autonomie

Sur route : 220 km

Tout terrain : 160 km

Pente : 45°

Obstacle vertical : 1,00 m

Tranchée : 2,90 m

Gué : 0,80 m

 

Armement

Principal : canon de 76,2 mm modèle KT-28

Munitions : 70 projectiles

Secondaire : 4 mitrailleuses de 7,62 mm

Munitions : 7 938 projectiles

 

Motorisation

Moteur :  M-17  essence de 12 cylindres

Puissance : 450 cv à 1 750 tr/mn

 

Radio : 71-TK-1

 

 Sources :

L’encyclopédie des armes : les chars soviétiques et américains 1939/1945 fascicule n°53

TNT Hors-série n° 3 chars de combat soviétiques