Sturmgeschütz IV « munitions schlepper »

Sturmgeschütz IV « munitions schlepper » 

 

Les panzers dans la bataille de Berlin

Entre le 22 avril et le 2 mai 1945 se déroulent l’ensemble des ultimes combats qui opposèrent les forces allemandes aux forces soviétiques dans la capitale allemande.

Le 20 avril, Hitler ordonne qu’on lance l’état d’alerte « Clausewitz » qui consiste à faire de la capitale une place forte. 

Cette décision marque le début de la bataille de Berlin.

Berlin est défendue par trois lignes de défenses et par deux enceintes fortifiées. L’enceinte intérieure suit la plupart du temps la lisière de la banlieue berlinoise, et les tranchées relient les points d’appui avec, de loin en loin, des emplacements de mitrailleuses et de pièces d’artillerie. La défense circulaire est surtout réservée aux secteurs des usines et comporte des postes de tir sous abris de béton armé. Partout se dressent les obstacles les plus divers, et les rues qui convergent vers le centre de la ville sont barricadées.

Le 29 avril commencent à Berlin les combats pour réduire le secteur central. 

Le 2 mai : 5 000 hommes ont été mis hors de combat, et la moitié est constituée par des prisonniers. Les restes de la défense allemande sont fragmentés et isolés. Le général Weidling est dans l’impossibilité de continuer la lutte. A la requête de Joukov, Weidling demande à toute la garnison de capituler. Les combats cessent à 15 h et la capitale est entièrement occupée par les forces soviétiques.

Le nombre de divisions allemandes défaites au cours de la bataille pour Berlin fut de 93, dont 12 blindées et 11 motorisées ; il y eu 480 000 prisonniers, 1500 chars et canons d’assaut, 4500 avions, 10 917 canons et mortiers capturés.

Entre le 16 avril et le 8 mai 1945, les pertes soviétiques furent élevées. Les trois fronts eurent 304 787 hommes tués, blessés ou disparus. Les pertes matérielles s’établissent comme suit : 

2 156 chars et canons automoteurs, 1 220 canons et mortiers, 527 avions perdus.

La prise de Berlin coûte à l’Armée rouge environ 800 chars.

La « Festung Berlin »

Depuis le 20 avril, Hitler a déclenché le « plan Clausewitz » qui fait de Berlin une « forteresse ». Elle est placée maintenant sous le commandement du General der Artillerie Helmuth Weidling chef du LVI.Panzer-Korps, qui remplace depuis la veille le général Reymann, limogé pour manque d’énergie. Weidling est donc maintenant aussi Festungskommandant. Mais les forces dont Weidling dispose sont dans un état lamentable : la Panzer-Division »Müncheberg » n’aligne presque plus de blindés, la 9. Fallaschirmjäger-Division n’a de blindée que de nom et la 20.Panzergrenadier-Division est privée de son chef qui vient de se suicider. Seules la 11.SS-Freiwillingen-Panzergrenadier-Division « Nordland » et la 18.Panzergrenadier-Division alignent des effectifs dignes de division de Panzegrenadier. Ces Unités sont complétées par le SS-Panzer-Regiment 11 » Herman von Salza » et la SS-Panzer-Abteilung « HvS ».

Au total , Weidling compte sur 45 000 hommes issus des rangs de la Wehrmacht et de la SS et 40 000 hommes du Volksturm, soit moins de 100 000 individus de valeur combattive inégale à opposer au million et demi d’hommes alignés par l’Armée rouge. Quant à la disproportion entre les matériels disponibles elle est encore plus écrasante. Weidling peut au mieux compter sur une soixantaine de chars :

- Schwere SS-Panzer-Abteilung 503 ( 11 tiger II )

- Panzerabteilung Kummersdorf/Muncheberg ( 11 Panzer IV — 1 Panther — 11 Tiger I et II )

- Panzer-Kompanie « Berlin » ( 10 Panzer IV et 12 Panther ) cette unité est complètement statique et ses blindés à moitié enterrés.

Les Soviétiques alignent plus de 1 200 chars et canons d'assaut.

Certains sont très récents comme les Tiger II alors que d’autres datent d’avant la guerre ou sortent tout droit du musée de l’école d’application des blindés. L’artillerie est quasiment inexistante à l’exception des Nebelwefer et seules les pièces de Flak (environ 300) disposent de munitions en quantité suffisante. Weidling décide d’utiliser son propre corps d’armée pour se constituer une réserve opérationnelle capable d’intervenir sur les différents points chauds. 

Il a ainsi sous son commandement toutes les forces de la « forteresse ». Son PC est établi , tout d’abord Hohenzollern-Damm, dans le quartier de Wilmersdorf puis dans le Bender-block, face au Landwehr-Kanal, au sud du Tiergarden .Hier, ce LVI.Panzer-Korps s’est réaligné vers le nord-ouest où existe une nouvelle menace avec l’encerclement en cours. La ligne de « front verte » (Grüne HKL) passant au sud par Zehlendorf-Steglitz-Tempelhof est occupée par la Panzer-Division « Müncheberg », la 11.SS-Pz.-Gren._Div « Nordland » et la 20.Pz.-Gren.-Div.. La 18.Pz.-Gren.-Div est dirigée vers Charlottenburg.

Ainsi, dans les secteurs nord « A » et « B », les débris de la 9. Fallschirmjäger-Division qui ont réussi à refluer des hauteurs de Seelow, s’alignent ici entre Weissensee et Lichtenberg. Elle ne dispose plus que de 4 000 hommes environ et de quelques bataillons de territoriaux. Elle est épaulée sur son aile gauche (secteur « G » et « H » par le Regiment « Gross-Deutschland », constitué avec des unités de garde et de dépôt de la division du même nom. Les quartiers nord-est , dans l’axe de la Frankfurter-Allee, sont maintenant menacés par la 5e Armée de choc du général Bersarin. Dans le secteur « C », la 11.SS.-Gren.-div. « nordland » n’aligne plus que 1 500 hommes et 20 blindés, renforcée par 2 000 hommes du Volksturm. Elle est engagée entre Neukölln et Teptow face au 29e Cops de la garde. La Panzer-Dvision «Müncheberg », qui ne compte plus qu’environ 3 000 hommes et 30 chars est engagée sur l’aérodrome de Tempelhof , secteur « D ». Elle est appuyée sur son aile droite (Schöneberg) par l’Oberst (colonel) Wöhlermann, Kommandeur du corps d’artillerie, avec des détachements de police SS et du Volksturm et un bataillon SS letton. Les divisions « Nordland » et « Müncheberg » font face à deux corps d’armée (28e et 29e) de la 8e Armée de la Garde. Le secteur « E » , quartier de Steglitz-Zehlendorf, au sud de Charlottenburg, est défendu par les restes de la 18e. Pz._gren.-Div, qui ne compte plus qu’environ 3 000 hommes et quelques chars, renforcé par des unités disparates (Luftwaffe, Volksturm, SS). Le secteur « F » (Spandau et Charlottenburg) est tenu par l’Oberleutnant Eder avec 3 000 membres de la Hitlerjugend et des éléments du RAD. Enfin, le quartier du centre-ville (« Mitte ») est le secteur « Z » ; il est confié au SS-Brigadeführer Mohnke.

La « Zitadelle »

 Le Kampfgruppe Mohnke a été constitué la veille avec deux régiments de circonstance : le Regiment 1 « Anhalt », commandé par le SS-Standartenführer Anhalt, est constitué de deux bataillons. Le 1er est le bataillon de garde de la Leibstandarte, le Wachbataillon 1 (LAH). Le 2e bataillon est constitué du bataillon de dépôt de la LAH. Le Regiment 2 a été constitué avec des membres des services administratifs de Berlin, principalement de ceux de la Leibstandarte. Ce « KG » Mohnke défendra le quartier de la Chancellerie et des ministères. 

Lorsque que l’on considère le rapport de forces (la plupart du temps, une armée entière face à une division de 3 000 à 5 000 combattants, avec une poignée de chars), il est évident que ces maigres forces ,  30 000 homes au maximum, soit l’équivalent d’un corps d’armée face à sept armées soviétiques ; le combat est sans espoir.

Lors des combats dans Berlin , Le Schweree SS-Panzer-Abteilung 503 (10 Tiger II ) sera rattaché au bataillon de chars de la division « Nordland » . Ces dix chars opéreront des coupes sanglantes dans les colonnes blindées russes ( plus d’une centaine de chars T-34/85, IS-2 , et autres canons d’assaut détruits ). Il est à noter que les restes de la « Nordland » bénéficient aussi d’un soutien blindé fourni par les engins chenillés du SS-panzer-Regiment 11 (renforcé par cinq Tiger II de la schwere-SS-panzer Abteilung 503) et ceux de la SS-panzer-Auflkärungs-Abteilung 11.

 

Les unités blindées engagées dans les combats de Berlin ont subi de lourdes pertes lors de l’offensive « Vistule-Oder » en janvier-février 1945.  Malgré les divers Panther dont certains équipés d’un système infrarouge « Sperber », Tiger I (schwere Panzer-Abteilung « Kummersdorf ) et II, jagdpanzer 38(t), Jagdpanzer IV et Sturmgeschütz III et IV, Panzer IV ausf H et J, Flakpanzer IV Wibelwind rescapés des combats, ces unités de Panzer réduites à peau de chagrin. Elles sont très loin d’être à effectif complet et combattent souvent sous forme de Kampgruppen. 

Pour combler leurs pertes, elles vont racler les « fonds de tiroirs ». Aussi dans les combats de cette fin d’avril/début mai, apparaîtront un certain nombre de moutons à cinq pattes.

A titre d’exemple , en voici une liste non exhaustive : 7 TPp et chenillettes TK , Autoblinda AB41, Renault D2 et FT 17, automitrailleuses Wilton-Fijenoord, antiques Mark V capturés en Estonie et érigés en bunkers fixes, camions blindés de la police Daimler DZVR. On retrouve les classiques Panzer III, Stug III et Panzer IV à canon court sortis des écoles des Panzertruppen en dépit de leur vétusté. D’autres matériels plus « modernes » comme le Borward IV Wanze et le Flakpanzer IV kugelblitz sont déployés. Un T-35 est lui aussi sorti des réserves pour servir de point fixe dans le secteur de Kummersdorf. Des vétustés comme des Panzer I Ausf.A Holzgaz convertis en flammewerfer et des Panzer I Ausf.B mit 7,5cm Stuk 40 L/48 sont engagés avec des résultats plus ou moins probants. Des carcasses de chars Panther et de Panzer IV seront enterrés au milieu de la chaussée, sur les carrefours névralgiques berlinois pour servir de Panzer-Stellungen. Certains de ces chars donneront du fil à retordre aux blindés « rouges ».

Des engins modifiés par des ateliers régimentaires apparaissent dans la bataille comme ce Stumgeschütz IV dont le canon de 75mm a été retiré. 

L’emplacement vide a été recouvert de divers plaques de blindage soudées. Ce blindé servait au ravitaillement et aux transports de munitions.  

5 engins apparaissent dans les tableaux de dotation et sont stationnés au Tiergarden.

 

 

 

Sources :

Batailles et blindés N° 78 Avril/mai 2017 Combats de chars à Berlin

Batailles et blindés Hors-série N°39 Les derniers jours du Reich

Batailles et blindés Hors-série N°52 1945 L’agonie de la Panzerwaffe

Batailles et blindés Hors-série N°19 « J’étais à Berlin » Récits et témoignages 16 avril au 2 mai 1945

Panzers in Berlin Lee Archer-Robert Kraska-Mario Lippert

Edition Panzerwrecks

39/45 Magazine hors-série N°82 Janvier/février/mars 2005 Berlin 1945

39/45 Magazine hors-série N°83 Avril/mai/juin 2005 Berlin 1945

TNT Trucks&Tanks N°47 Janvier/février 2015 Berlin : Les dernières cartouches du IIIe Reich 1945

https://ostfront.forumpro.fr/t12p550-bataille-pour-berlin