Renault FT mitrailleuse

Renault FT mitrailleuse

Entré massivement en service lors des grandes offensives de 1918, le char Renault FT est, sans aucun doute, l’un des instruments clés de la victoire des Alliés. Maniable, relativement efficace, il joue un rôle central dans toutes les offensives qui mèneront à la défaite des Empires centraux. 

Conception et développement 

En 1916, le général Estienne, en étroite collaboration avec l’ingénieur Brillié, participe au développement d’un premier char semi-lourd, dont le prototype est construit par la firme Schneider. Parallèlement, cet officier visionnaire poursuit ses réflexions autour d’un char léger, destiné à accompagner l’infanterie au plus près du front. 

Les autorités militaires s’adressent alors à la société Renault, spécialisée dans la mécanique et les moteurs à explosion. Dès le deuxième trimestre de 1916, les ingénieurs se mettent au travail, et un prototype est achevé en octobre de la même année. 

Ce nouveau véhicule se distingue par une tourelle rotative à 360°, une innovation mondiale pour un char. Il est doté d’une caisse blindée composée de plaques rivetées, ainsi que d’une queue démontable à l’arrière, facilitant le franchissement d’obstacles. 

Le char est propulsé par un moteur Renault 4 cylindres à essence, refroidi par eau, développant une puissance modeste de 35 chevaux. Cette motorisation reste néanmoins suffisante pour ses missions d’appui rapproché à l’infanterie. L’armement standard comprend soit un canon de 37 mm, soit une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm, montée dans la tourelle. L’équipage est réduit à deux hommes : un conducteur à l’avant, et un chef de char servant également l’arme. 

Engagements en 1918 et entre-deux-guerres 

Produit à près de 3 700 exemplaires pendant la guerre, le Renault FT est engagé avec succès en 1918, notamment à Villers-Cotterêts, Soissons et dans les offensives de l’automne. Il inspire profondément la conception des chars de combat du XXe siècle. 

Entre les deux guerres, la Hotchkiss de 8 mm est peu à peu remplacée par une mitrailleuse Reibel de 7,5 mm plus moderne. En 1939, bien que complètement dépassé, le FT figure encore dans les inventaires de l’armée française : environ 2 850 unités sont recensées, dont à peine 1 400 sont encore considérées comme « bons de guerre ». 

Réutilisation en 1940 et par l’ennemi 

En 1940, face à la poussée allemande, de nombreux FT sont réactivés, parfois désarmés, équipés à la hâte d’un fusil-mitrailleur 24/29 derrière un simple blindage percé. Ces chars épuisés sont déployés en soutien ou intégrés à des bouchons antichars. Faiblement blindés, lents et sous-armés, ils ne font pas le poids face aux Panzer modernes. 

Capturés en grand nombre, ils sont récupérés par l’armée allemande comme Beutepanzer : véhicules d’entraînement, tracteurs d’artillerie, chars de ravitaillement ou engins de maintien de l’ordre. 

Certains FT sont même réutilisés en 1944, notamment en Normandie, où leur rôle reste symbolique. Plusieurs tourelles désaffectées servent également à armer des blockhaus du Mur de l’Atlantique.

 

Caractéristiques techniques

 Équipage : 2 hommes (conducteur + chef de char / servant) 

Morphologie

Longueur (hors queue de franchissement) : 4,95 m

Largeur : 1,74 m

Hauteur : 2,15 m

Poids en charge : 6,7 tonnes 

Protection (blindage)

Tourelle et caisse : 16 mm (tous côtés)

Superstructure frontale : 22 mm 

Mobilité

Vitesse maximale sur route : 7,5 km/h

Vitesse en tout-terrain : 5 km/h

Autonomie sur route : 65 km

Autonomie en tout-terrain : 35 km

Pente franchissable : 10°

Obstacle vertical : 0,60 m

Tranchée : 1,35 m

Gué : 0,70 m 

Armement

Armement principal : 1 mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm modèle 1914

Remplacée ensuite par 1 mitrailleuse Reibel de 7,5 mm

Arme de substitution : fusil-mitrailleur FM 24/29

Munitions : 3 600 coups environ 

Motorisation

Moteur : Renault essence, 4 cylindres

Puissance : 35 chevaux

Radio : non équipée

 

Sources : Documentation personnelle, Internet, Encyclopédie diverses pour synthèse.