Wormhout, place centrale

Wormhout, place centrale – juin 1940

La guerre a laissé Wormhout exsangue. Autour de la place centrale, les façades éventrées rappellent les violents combats qui ont opposé les défenseurs britanniques et français à l’avance allemande, à la fin mai 1940. Quelques semaines plus tard, la ville porte encore les stigmates des bombardements.

Sur les photographies similaires dont une colorisée, un officier allemand procède à l’appel d’une troupe en tenue de travail. Les soldats portent la culotte blanche de corvée, uniforme typique des journées consacrées à l’entretien ou aux tâches logistiques. L’ambiance semble calme, presque ordonnée, dans ce décor de ruines où ne subsistent que les murs calcinés et les pignons mutilés.

À l’arrière-plan, sur le toit d’un bâtiment endommagé, un poste de guet anti-aérien a été installé. On distingue nettement deux mitrailleuses MG en position de tir, prêtes à intervenir contre une éventuelle attaque de la RAF. Ce dispositif illustre la vigilance constante de l’occupant, même dans les zones reculées de l’arrière-front.

Les panneaux de signalisation, à la croisée des routes vers Bergues, Cassel, Dunkerque, Bailleul et Lille, permettent de situer avec précision la scène : le cœur de Wormhout, point de passage obligé sur la N16.

Cette photographie, saisie dans les premiers jours de l’occupation, symbolise la mise en place du nouvel ordre allemand dans le Nord : la guerre vient de passer, mais son empreinte demeure partout visible, entre discipline militaire et paysage de désolation.

 

Sources : Google Earth, coll. part.

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