Chalonnes-sur-Loire

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B1 bis « Charlemagne » (Chalonnes-sur-Loire, 20 juin 1940)

La photographie présente l’épave du char lourd Renault B1 bis « Charlemagne », remorquée et positionnée sur la place principale de Chalonnes-sur-Loire après sa destruction le 20 juin 1940. Ce char appartenait à une unité engagée dans la défense retardatrice de la Loire, au moment où les forces françaises tentaient de couvrir les axes de repli face à l’avance rapide des Panzerdivisionen.L’engin visible ici conserve l’intégralité de ses éléments structuraux caractéristiques du B1 bis :

  • Casemate avant armée du canon court de 75 mm ABS modèle 1929, monté en tir fixe, identifiable par la large ouverture blindée au-dessus du barbotin gauche.
  • Tourelle APX-4 coiffant la superstructure, équipée du canon SA 35 de 47 mm, offrant au char un excellent pouvoir antichar à courte et moyenne distance.
  • Blindage latéral épais (60 mm) protégeant les compartiments moteur et transmission, encore en place malgré les impacts visibles.
  • Train de roulement caractéristique, composé de 16 galets de roulement par côté, sous longs garde-boue blindés, typiques du système de suspension Berliet.
  • L’état de la coque laisse deviner les conditions de la mise hors de combat : perforations localisées sur la partie latérale droite, traces d’incendie interne et éclats autour du compartiment moteur. Ces dommages indiquent vraisemblablement un tir d’artillerie antichar ou une attaque latérale allemande exploitant les points faibles du blindage supérieur.

Une fois neutralisé sur la zone de combat, le char a été déplacé par les troupes allemandesà l’aide d’un attelage spécialisé ou d’un engin de dépannage, pratique courante pour dégager les axes et rassembler les matériels capturés. Installée au centre du bourg, l’épave devient alors un objet de propagande et de démonstration matérielle, exposant la vulnérabilité des chars français après leur engagement intensif des 15–20 juin 1940.

Cette image constitue un témoin précis de l’emploi et du sort des B1 bis durant la campagne de France, illustrant leur puissance technique mais aussi leurs limites dans un contexte de débordement tactique rapide par les forces motorisées allemandes.

Sources : Google Earth, coll. part.

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